1914-1918  

                  La Grande Guerre

 

Infomation 11/2018

Des évolutions importantes ont été apportées à l'occasion du centenaire de l'armistice :

- Page actuelle complétée

- Ajout d'un sous-menu permettant d'accéder à de nombreuses nouvelles pages :

. Mémoire de Poilus : article paru dans le Plessis-Mag de décembre 2018

. Mémorial 14-18 : La page principale présente un tableau de synthèse de tous les poilus mentionnés sur le Livre d'Or et sur le Monument aux morts du Plessis-Trévise. Un simple clic sur le nom d'un soldat entraine l'affichage d'une fiche détaillée retraçant l'histoire civile et militaire de celui-ci et présentant différents documents d'époque. Derrière des noms, des hommes et leur histoire individuelle.

. De nouvelles pages sont en préparation.

Les débuts de la guerre

 

Le 28 juin 1914, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire austro-hongrois, par un nationaliste serbe, constitue l'événement déclencheur de la Première Guerre mondiale. Le 2 août, l'ordre de mobilisation générale est proclamé en France. Ce même jour, l’armée allemande envahit le Grand-duché du Luxembourg. Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Le 4, l'armée allemande envahit la Belgique pour contourner les troupes françaises massées à l'Est. Le 11, la France déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie suivie le 13, par l'Angleterre.

  

C'est le début d'une guerre dont les champs de bataille seront principalement localisés en Europe mais qui par

le jeu des alliances et des empires coloniaux, aura une portée mondiale. En cette année 1914, commence alors une terrible guerre où seront dénombrés des millions de morts.

 

La commune du Plessis-Trévise est éloignée du front mais comme toutes les communes de France, elle a dû participer à l'effort de guerre en fournissant son lot de combattants.

 

Notre objet n'est pas de décrire les faits de cette guerre largement commentée par ailleurs, mais de vous rappeler le contexte et de présenter différents documents, témoignages, événements en relation avec notre commune.

  

1er aout 1914 - La mobilisation générale est décrétée

 

En ce samedi 1er août 1914, il fait très chaud. Dans les campagnes, c’est la période des moissons. La guerre est dans toutes les conversations depuis quelques jours. Le monde semble s’emballer et une guerre semble de plus en plus inévitable. L’Allemagne a renforcé ses troupes le long de la frontière française ; la Russie a ordonné la mobilisation le 30 août, l’Autriche-Hongrie le 31.

 

Tous les maires ont reçu le matin comme consignes de rester à proximité de leur téléphone compte-tenu des événements internationaux des jours précédents et en vue de « graves éventualités ». La journée se passe dans l’inquiétude des décisions des dirigeants français. Une guerre semble de plus en plus inévitable.

 

Vers 16 heures, les maires reçoivent un appel ou un télégramme annonçant la mobilisation générale.

Peu après, des gendarmes apportent l’affiche officielle glissée dans une enveloppe noire. Il s’agit dès lors de diffuser massivement l’information auprès des administrés de chaque commune de France.

 

L’affiche est rapidement apposée sur les murs de la mairie, sur les murs des écoles, sur les différents panneaux d’affichage. Le garde-champêtre et son tambour se dirigent vers la place du village.

Dans les villages de province, des cyclistes sont envoyés dans les hameaux reculés. Le tocsin bat à tout va, annonciateur comme toujours de mauvaise nouvelle.

La rumeur se répand dans les villes.

 

La mobilisation des armées françaises de terre et de mer est ordonnée sur toute l'étendue du territoire français, de l'Algérie, dans les autres colonies et dans les pays de protectorat. Elle commence dès le lendemain matin et certains mobilisés vont devoir se mettre en chemin rapidement.

La veille au soir Jean-Jaurès avait été assassiné mais cet événement tragique est déjà relégué en second plan !

 

La mobilisation allait décider de la vie de milliers et de milliers d’hommes mais qui s’en doutait alors ?

L'affiche ne mentionnait pas ce que devait faire chaque homme…

Celui-ci devait alors se référer à son livret militaire dont un volet était constitué par le fascicule de mobilisation. Ce dernier précisait à chacun ce qu’il devait faire, où se rendre et par quels moyens en cas de mobilisation.

(ls avaient comme consigne d’apporter de quoi se nourrir pendant une journée et de préparer un sac (une valise ou un baluchon ) avec quelques vêtements (2 chemises, un caleçon, 2 mouchoirs) et une bonne paire de chaussures.

 

Dans les territoires ruraux, nombre d’entre eux allaient être obligés de prendre pour la première fois de leur vie un train pour se rendre au point de rassemblement.

Certains racontent que par endroits, des femmes se rendaient dans les bureaux de recrutement à la place de leurs maris restés au travail. Elles voulaient avoir confirmation de la date de départ de leur homme et du lieu où il doit se rendre.

D’autres racontent que des bureaux d’état-civil ont été pris d’assaut pour régulariser, avant le départ, des situations matrimoniales ou bien encore reconnaitre des enfants naturels. A titre exceptionnel, des mariages sans publication de bans ont été autorisés.

Tout le monde est alors persuadé que si guerre il y a, elle sera rapide :

- les français ont pour eux le PLAN XVII adopté en avril 1913 et qui attachait une grande importance à l’alliance avec la Russie.

- Quant aux allemands, ils avaient pour eux leur plan SCHLIEFFEN.

L’Etat-major français basait sa victoire sur l’enfoncement des lignes ennemies avec sa cavalerie. Les allemands avaient pour eux la stratégie de la rapidité et de l’enroulement des troupes françaises.

 

Effectifs mobilisés au Plessis-Trévise

Depuis 1911, la durée de conscription avait été portée à 3 ans. Les jeunes hommes effectuaient leur période des « 3 jours » à l’âge de 20 ans et étaient ensuite incorporés dans leur 21e année.

Quand la mobilisation survient le 2 août 1914, les classes 1911 à 1913 sont « sous les drapeaux ». Ce sont environ 880 000 hommes qui effectuent leur service militaire. Ils ne le savent pas encore mais les « moins malheureux » resteront dans leur uniforme pendant  7 ou 8 ans, dans des conditions bien souvent très difficiles. Ce sont les classes « sacrifiées ».

La mobilisation générale d'août concerne tous les hommes « réservistes » de 24 à 41 ans, mais dans les années suivantes, il sera fait appel jusqu'à la classe 1888 (donc nés en 1868) et aux classes plus jeunes (appel en 1918 de la classe 1919, donc nés en 1899) 

 

Estimer aujourd'hui précisément le nombre d’hommes mobilisés dès le 2 août pour la commune du Plessis-Trévise comme pour toute autre se révèle un exercice compliqué voire impossible. Il n'existe pas de registre officiel  et aucune liste n'a été retrouvée. 

A partir du recensement de la population de 1911, une fourchette de 140 à 160 hommes mobilisables peut être établie mais il faudrait un travail minutieux de vérifications pour attester que cela correspond à la liste réelle des mobilisés. Il faut en effet tenir compte de chaque situation personnelle et des migrations de population entre 1911 et 1914.

En considérant le ratio d'1 mobilisé pour 12 habitants pour l'ensemble de la France et en l'appliquant à une population d'environ 868 habitants au Plessis-Trévise, cela représente cette fois un nombre de près de 80 hommes mobilisés !

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Carte en date du 28 .11.1914 - le rédacteur fait part qu'il est "bon pour le service". L'illustration présente le ténor Constantino, résidant avenue Bertrand dans la villa aujourd'hui "Ecole de musique César Franck"

Recensement des voitures hippomobiles et mécanisées sur la commune du Plessis-Trévise

 

Recensement des voitures en 1915 par le Ministère de la Guerre

A coté de la mobilisation des hommes, s'organise la réquisition des chevaux, des voitures et harnais, des véhicules à moteur. 

Cela a été rendu possible par le recensement systématique des chevaux dans toutes les communes depuis la loi du 3 juillet 1877.

On procède au recensement des chevaux mais aussi des mules et mulets de tous âges, ainsi que des taureaux en "service" et des vaches "pleines ou à lait".

 

Sur la feuille de recensement des attelages, outre l'identité et l'adresse des propriétaires, sont notés :

- la classe et la catégorie de voiture, 

- le sexe de l'attelage, son âge, sa taille, sa couleur de robe et un numéro de catégorie.

En 1915, au total, 26 voitures à cheval sont dénombrées au Plessis-Trévise

(cf. illustration). 

 

Note : Les chevaux sont « arrachés » à leur propriétaire en pleine moisson, rassemblés sur la place des gares puis embarqués dans des trains de marchandises. Extraits de leur univers familier, ils se retrouvaient avec des congénères qu’ils ne connaissaient pas, recevaient des ordres d’hommes inconnus, puis se retrouvaient entassés dans des wagons pour parfois de longs périples, Les chevaux de traits étaient destinés à tracter des chariots de ravitaillement, à tirer de lourdes pièces d’artillerie, ou bien encore à transporter les blessés ou les morts. A titre indicatif, en 1914, une division d’infanterie pouvait nécessiter environ 5 000 chevaux.

Faible consolation pour leur propriétaire : ceux qui possédaient plusieurs chevaux étaient autorisés à en garder un, ce qui était souvent  bien insuffisant pour fournir le travail. On raconte des arrangements entre voisins ou parents qui n’avaient pas de chevaux.

 

Comme pour les chevaux, un recensement des véhicules à moteur était effectué dans toutes les communes. Cela concernait aussi bien les véhicules particuliers que les taxis dans les grandes villes. Le Plessis-Trévise n’échappe pas à cette règle mais impossible de dire aujourd’hui si des véhicules plesséens ont été réquisitionnés.

 

Sur la feuille de recensement des voitures, outre l'identité et l'adresse des propriétaires, sont notés :

- la marque (Dion-Bouton, Peugeot, Clément-Bayard ...), la puissance en CV, le type de combustible

- le nombre de personnes transportables, le nom du conducteur habituel

- le type de carrosserie (Landau avec ou sans capote, Torpédo ...), l'année de mise en service 

- la nature des bandages (pneus Michelin ou Continental) et leur type (dimensions)

 

Ainsi, en 1915, une dizaine de voitures et un poids-lourd, sont dénombrés au Plessis-Trévise*

 - 4 De Dion-Bouton récentes de 1910, 1910, 1906, 1912, 

 - 1 Ariès de 1908
 - 1 Clément-Bayard de1885
 - 1 Peugeot de 1908
 - 1 Gautier Frelatet Novelle
 - 1 Roy de 1910

* Recensement des voitures de tourisme et motocyclettes, certifié conforme par le Maire Jules Nivette le 15 janvier 1915. Archives Départementales 94.

Des déplacements très règlementés

 

Pour se déplacer, même à peu de distance, des laissez-passer ou sauf-conduit étaient nécessaires.

   Exemples ci-après de deux documents utilisés par des résidents du Plessis-Trévise :

- un sauf-conduit délivré en 1915 à Paul Vincent, accordé pour ses déplacements en voiture dans toute la zone de l'intérieur. Il était alors ingénieur chez Peugeot à Sochaux et résidait dans la villa devenue aujourd'hui l' Ecole de Musique.

- un laissez-passer pour Jacqueline Bauer, délivré par le maire du Plessis-Trévise (Jules Nivette) en 1916, et l'autorisant à se rendre en Seine-et-Marne.

Souvenirs de quelques poilus du Plessis-Trévise

 

Alphonse Coluche, ?, Albert Deseine (avec la pipe), ?

Alphonse Gustave Colluche 

 

Il naquit  le 5 janvier 1881 à Favières (77),  Enfant il se blessa en tombant sur une trompette. On lui enleva alors une partie de la mâchoire gauche, de sorte qu’il avait la joue creuse et une vilaine cicatrice qui lui avait entrainé une difficulté d’élocution. Jeune homme, dès qu’il eut de la barbe, il la laissa pousser, elle ne le quittera plus. (Informations recueillies auprès de ses filles).

En conséquence, il fut réformé de l'armée et  c'est en tant qu'engagé volontaire dans la Légion qu'il fit la guerre de 1914-1918.

Il a laissé le souvenir d'un  brave homme, honnête, courageux, grand et robuste. Pompier volontaire durant les années 1920, il vivait de petits travaux comme l'installation des étals du marché. Il braconnait dans les bois aux alentours pour les restaurants du village : le Faisan Doré ou Laugaudin, place Gambetta. (Propos recueillis auprès de Mme Becquart et de Mme Olga Lemaire).

Il eut pour compagne Clara Schmidt qui était handicapée (devenue quasiment aveugle à la suite d’une scarlatine contactée alors qu’elle était enceinte de sa première fille).

Elle avait exercé la profession de repasseuse à la manufacture de faux-cols.

A la foire de Monthéty, près de Lésigny, en Seine et Marne, Alphonse Coluche se faisait un peu d’argent, en passant la

tête par un trou aménagé dans une planche dessinée. Les gens lui envoyaient des tomates, bien mûres de préférence. Un jour, de mauvais plaisantins lui ont envoyé des pierres, et il fût blessé, à nouveau, au visage. (Informations recueillies auprès de Mmes Maillot et Delanoue).

En 1947, Il tourna aux studios de Joinville le rôle d’un clochard (court passage mais très reconnaissable) dans le film de Marcel Carné «Les portes de la nuit».

Il se mit à boire plus que de raison et fût retrouvé mort dans un fossé près de la Tour Pentray, le 11 décembre 1950. Sa compagne Clara Schmidt était décédée précédemment à l’hôpital de Corbeil, le 30 juin 1940, à l’âge de 50 ans.

Note : il n'a aucun lien de parenté avec l'acteur humoriste bien connu.

 

Retrouvez un épisode de la vie de A. Colluche en cliquant ici.(peut-être une autre origine de sa cicatrice).

 

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André Chouard avant son départ

 

 

André Chouard avant son départ au front.

 

1914. Les fiancés se sont fait photographier avant le départ d'André pour le front.

Cet instant fut certainement trop bref pour ce jeune couple.

André ne reviendra pas de la guerre.

Il périra le 17 juillet 1918 à Cuperly dans le département de la Marne.

Permissionnaire en visite

Les conditions de guerre sur le front sont très difficiles surtout pendant les périodes d'hiver. De temps en temps, une trêve de quelques jours est accordée aux combattants qui peuvent ainsi revenir voir leurs proches. Certains ont dû en effet partir rapidement en laissant derrière eux femme et jeunes enfants.

 

1916- Le repos du guerrier 

Dans l'arrière-cour de la charcuterie située à l'angle de l'avenue Thérèse et Gonzalve (aujourd'hui av. du Gal de Gaulle) un permissionnaire savoure une roulée de gris auprès de la famille Petit. 

Des nouvelles arrivent de temps en temps du front ...

Mais parfois malheureusement, elles ne sont pas bonnes du tout ...

Proposition de décoration militaire pour la section où servait le chargeur Julien Edouard BERNARD

Contribution à l'effort de guerre

Un cantonnement est prévu sur la commune du Plessis-Trévise. Pour 1918, il est indiqué :

- Logement : cent lits sont disponibles en hiver pour le cantonnement,

- Cantonnement : les dépendances du château de La Lande peuvent accueillir une "compagnie de           mitrailleuses au complet" mais elles sont peu confortables en hiver; l'usine des Faux-cols (en activité   réduite voire à l'arrêt) peut également accueillir une compagnie. M. Petit (8 av. de Liège) peut héberger

 une section, M. Villequin (45, av. de Liège) deux sections, M. Héritier-Portebuel (av. Lefèvre) une section.

- Eau : disponible en suffisance pour les chevaux à la ferme Quirin (Ile Caroline).

Les champs cultivés sont souvent utilisés comme terrain d'exercice.

 

 

Préparation militaire dans les sociétés de gymnastique et de tirs

Avis d'expédition de grenades à la Société La Vaillante - 1918.

La société "La Vaillante" a été créée le 14 avril 1909 en tant que "Association de gymnastique, éducation et tir", sous la houlette du maire Jules Nivette.

Son président est le Capitaine Paul Baron, qui avait été gravement blessé à la guerre de 1870. Notons, parmi les membres du Conseil d'administration, des noms connus localement pour leur investissement dans la commune : Delacroix, Blancant & Kuntz (vice présidents), Guinard (Trésorier), Pentray (Trésorier adjoint), Van Hocke (Secrétaire), Coulomb (Secrétaire Adjoint), Passerat (Archiviste).

En 1915, La Vaillante compte 45 membres honoraires, 18 membres actifs et 16 pupilles. Elle est subventionnée à hauteur de 150 francs par la commune du Plessis-Trévise (sur un budget de l'ordre de 770 francs environ).

Cette année là, elle demande à devenir Société de Préparation Militaire et le 12 octobre 1915, elle reçoit l'agrément du Ministère de la Guerre après enquête de moralité auprès du Maire du Plessis-Trévise (Jules Nivette). 

 

La société fonctionnait 4 fois par semaine sous la direction du sergent Fleury, ancien élève de l'école de gymnastique de Joinville. Ses moyens étaient le stand de tir de Villiers-sur-Marne, les échelles de pompier, les portiques et agrès de gymnastique, 2 fusils de 1874 et un de 1886, des grenades (fausses) ainsi que la salle des fêtes.

 

Après la guerre, la société "La Vaillante" sera dissoute. Ceci est confirmé en 1929 par un courrier du maire du Plessis-Trévise adressé à la Préfecture de Seine et Oise.

 

*** La préparation militaire a été rendue obligatoire en 1916 pour les jeunes hommes valides à partir de 16 ans révolus et ils reçoivent cette préparation jusqu'à leur incorporation.

Pour plus d'infos, se reporter au menu 'Mémoire des Hommes", rubrique "La Vaillante".

"L'alerte" est une seconde société de "Préparation militaire, tambours et clairons" présente sur la commune du Plessis-Trévise à cette époque. Elle est déclarée au Journal Officiel en juin 1909 et reçoit l'agrément n° 7227 du Ministère de la Guerre, le 12 octobre 1915. 

Fin 1920, la société change de statuts avec prise d'effet le 24 février 1921. Un courrier de la préfecture de Seine-et-Oise confirmera en 1928 que cette première société n'existe plus.

 

En 1924, le siège de l'Alerte est au 47, Avenue Ardouin. Elle est alors présidée par Georges Vilette et compte 53 membres honoraires, 19 membres actifs et 6 pupilles. Son budget est d'environ 900 francs de l'époque dont 150 francs provenant de subventions de la commune.

Elle participe chaque année à différents concours et obtient de bons résultats en se classant première ou deuxième. Son lieu d'entrainement est la salle de fêtes. 

 

 

1918 - La fin de la guerre et l'hommage rendu à nos "poilus"

Début novembre 1918, le rapport de forces est en faveur des alliés de la France. L'Armée d'Orient fait capituler la Bulgarie et l'Autriche. Les soldats allemends reculent sur tous les fronts. L'Allemagne est au bord de la guerre civile.

Le 11 novembre 1918 à 5h15, l'armistice est signée dans le wagon du général Foch au carrefour de Rethondes au milieu de la forêt de Compègne. Sa durée est de 36 jours mais sera régulièrement renouvelé jusqu'au traité de paix du 28 juin 1919.

L'armistice prend effet à 11 heures, mettant fin à 4 années d'une guerre qui a fait plus de 1,5 millions de morts en France et 4 à 5 fois plus au niveau mondial. La France sortira marquée de ce conflit. On se battra encore sur les fronts d'Orient pendant de longs mois.

 

11 novembre à 11heures

Sur le front sonnent les clairons annonçant la nouvelle; les belligérants sortent peu à peu de leurs tranchées et se regardent sans se tirer dessus. "La guerre est finie, on va pouvoir rentrer au pays".

Partout les cloches des villages sonnent de joyeux carillons, les drapeaux sont hissés. On crie "Vive la France". La Marseillaise retentit un peu partout. Paradoxe de ce moment, où la joie se mélange à la tristesse...

 

Exemple de télégramme annonçant l'armistice transmis dans chaque commune

 

 

La loi du 25 octobre 1919 « relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre »  lance le grand projet d'un Livre d'or comprenant les noms de tous ces héros, livre qui devait être déposé au Panthéon. Il revient au ministère des Pensions d'établir la liste des Morts pour la France de chaque commune. Difficile tâche, des écarts sont constatés avec la liste établie par le ministère de la Guerre en 1929 et avec les listes figurant sur les monuments aux morts érigés pour la plupart entre 1921 et 1925. La liste est finalement envoyée à chaque maire de France à charge pour eux de la contrôler et l'amender.

 

Les livres d'or sont finalement élaborés en décembre 1930. Longtemps méconnus, ils ont été mis récemment à disposition du public dans le cadre du centenaire de cette guerre. Pour la commune du Plessis-Trévise, la liste fait état de 26 habitants tombés sur les champs de bataille du Nord et Nord-est de la France (voir illustrations pour plus de détail). Mais sur le monument aux morts, ce sont 37 noms qui sont gravés...
Triste période pour une des familles du Plessis-Trévise qui verra deux frères y laisser leur vie en quelques semaines !

 

L'hommage rendu à nos "poilus"

Au lendemain de la guerre, plus de 30 000 communes françaises édifient un monument aux morts, témoignage de la Reconnaissance de la Nation et fortement soutenus par les anciens poilus décidés à agir collectivement pour honorer durablement la mémoire de leurs compagnons disparus.

Les associations d'anciens combattants constituées durant la guerre ou juste après sont à l'origine du vote de la loi du 25 octobre 1919, relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France, réglemente et encadre ces manifestations patriotiques. Le Plessis-Trévise ne saurait s’y soustraire.

 

Trois longues années se sont écoulées depuis la fin du conflit, avant que d’en arriver à ce jour d’inauguration du 13 novembre 1921. Il faut dire que les choses n’ont pas été d’elles-mêmes. Plusieurs points ont animé les débats. Tout d’abord, il fallait choisir un lieu. Les propositions vont bon train.

. Pour certains, un monument civique se doit d’être près de la mairie, dans la cour de l’école quand les bâtiments se confondent. C’est le cas au Plessis-Trévise, puisque la mairie se situe encore à cette époque dans le même bâtiment que l’école.

. Pour d’autres, la proximité de l’église serait plus judicieuse puisque sa fréquentation régulière constitue indirectement un hommage quasi permanent aux disparus.

Mais, finalement, la place Gambetta (renommée place de Verdun depuis peu), est retenue comme lieu d’édification du monument. L’environnement boisé, lieu de promenade, de rencontre ainsi que le terminus de l’omnibus venant de la gare de Villiers sur Marne, plaident en sa faveur. L’emplacement bénéficie, par ailleurs, de la longue perspective de la nouvelle avenue de Liège (actuelle avenue du Général de Gaulle) rendant le monument visible depuis la place du marché.

 

Cependant, en janvier 1921, une pétition circule, menée par le président des anciens combattants qui déplore la proximité d’un café-restaurant, lieu de bals, de cinéma, de plaisir de la jeunesse plesséenne et des parisiens. Le choix du cimetière, près des tombes des disparus, leur semble plus approprié. Ils n’obtiendront pas gain de cause.

 

Il faut ensuite décider du monument lui-même.

Ce sera une stèle en pierre de Lorraine dite Savonnière, surmontée du coq de la Victoire.

Agenouillée en façade, une femme, le bras levé, porte dans sa main un rameau d’olivier, symbole de paix. A ses pieds, deux fusils entrecroisés, recouverts d’un drapeau ainsi qu’un casque de Poilu.

Sur la face principale, on peut lire « Le Plessis-Trévise, à ses enfants morts pour la France 1914-1918», inscription surmontée d’une croix de guerre, en bas à droite, la mention : «Ils sont morts en héros».

Sur la face arrière, une palme funéraire honore les morts.

Les deux faces latérales portent gravé le nom des 37 disparus.

Le choix du statuaire se portera sur René Bristol, membre de la Société des Artistes français, médaillé du Salon de 1921, prix Bartholdi, prix d’encouragement du Conseil Général de la Seine. Le choix de ce monument riche en sculptures et en gravures explique son coût : 25 000 francs. Le devis du 15 octobre 1921 précise que le transport du monument d’un poids de 10 tonnes, depuis l’atelier du sculpteur, de Colombes jusqu’au Plessis-Trévise, nécessite plusieurs voyages par camions automobiles. Il faut alors de toute urgence, assurer le financement.

 

Dès août 1920, de nombreuses souscriptions sont ouvertes, des quêtes au profit de l’édification du monument ont lieu lors des mariages, des concerts, des bals, des banquets. Un Comité sous la présidence de Michel Bony, est constitué. Des tombolas, une vente aux enchères sont organisées et même les amendes infligées par le garde champêtre sont affectées au projet. Les pompiers, la Croix Rouge et bien sûr les anciens combattants mettent la main au porte-monnaie, même si les moyens sont modestes. Mais, hélas, toutes les sommes collectées ne sont pas suffisantes pour faire face à l’ensemble des travaux.

 

Le conseil municipal du 7 août 1921, sous la présidence du maire Joseph Belin, vote un emprunt à la Caisse départementale pour une durée de dix années et sollicite une subvention de l’Etat ou du Département. En effet, la loi du 25 octobre 1919 établit le principe de subventions de l’Etat aux communes « en proportion de l’effort et des sacrifices qu’elles feraient en vue de glorifier les héros morts pour la patrie ». La loi de finance du 31 juillet 1920 fixe le montant de ces subventions suivant un barème très complexe, mais au total peu généreux. La subvention se transformera en une autorisation d’emprunt à contracter auprès du Crédit Foncier de France. Cela prend du temps et ne sera soumis à la délibération de la séance extraordinaire du conseil municipal que le 22 janvier 1922.

 

Malgré tout, l’inauguration du monument s’est faîte, semble-t-il, avec un certain faste : une tribune à gradins de 14 mètres sur 5 m 30 pouvant contenir 260 personnes, a été dressée et 20 places en banquettes sont recouvertes de velours. La tribune est décorée en façade d’un bandeau de velours frangé d’or, de rideaux aux poteaux avec embrase, d’une rampe de séparation de l’estrade officielle avec main courante en velours. Une bande tricolore de 2 mètres sur 10 recouvre le monument. De nombreuses personnalités assistent à cette inauguration. Un banquet de 42 couverts est organisé pour les officiels à l’hôtel-restaurant du Faisan doré.

Plus tard, en 1924, des artisans plessissois - Gabriet le serrurier, Mazaud le peintre, Deseine le jardinier - assureront au monument un encadrement fait d’une haie de troènes, de gravillons et d’une grille en fer forgé.

 

Un article paru dans le journal "La voix du combattant" en date du 27 novembre 1921, retrace cette journée d'inauguration du 13 Novembre 1918. Nouveau

 

L'hommage ... toujours

Témoignage de cette époque par Claude Hamon.

Le monument est une simple colonne portant ces mots : “Plessis-Trévise à ses enfants morts pour la France”. Tous les enfants du Plessis morts de 1914 à 1918 y sont inscrits. Non loin  du monument, se trouve le cimetière où dorment tous nos ancêtres. Il est petit et bien entretenu, beaucoup de pierre tombales sont semblables (du moins pour les soldats morts pour la Patrie).

 

11 novembre 1952 - Commémoration

Le 11 novembre 1952, partant de l’école, les enfants, en compagnie de leur instituteur

M. Roussillon, de leurs institutrices, Mmes Salmon et Maillot, se rendent au Monument aux Morts, place Gambetta.

 

Bien des années plus tard, la cérémonie du 11 novembre 1918 est organisée selon un protocole similaire : défilé entre l'église et le cimetière avec des arrêts à l'Ecole du Centre puis Place de Verdun, arrêts ponctués de discours des officiels, de dépôts de gerbes et de chants des enfants des écoles. 

2011 - Place de Verdun - Commémoration du 11 novembre.
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