La maison d'habitation façade Est - Tableau à l'huile par Raoul Brinquant -  20 Juillet 1872

 

Le Bois de Saint-Martin

 

 

Cet immense domaine boisé (l'équivalent de 2/3 de la superficie de notre commune) qui s'etend à l'Est du Plessis-Trévise, est depuis plusieurs siècles une propriété privée. Il a pu jusqu'alors résister à l'urbanisation de la banlieue et constituer une réserve naturelle de bio-diversité. De par son histoire, il est réparti pour l'essentiel sur la commune de Noisy-Le-Grand mais également pour quelques hectares sur Le Plessis-Trévise ainsi que sur Villiers-sur-Marne. Mais c'est bien avec les habitants plesséens que les liens humains se sont noués dès lors que ses principaux accès sont situés du coté du Plessis-Trévise.

En 2020, la région Ile de France via son Agence des Espaces Verts a acquis les parties boisées tandis que la Ville de Noisy-le-Grand s'est engagée dans l'achat des parties bâties dans un objectif de l'ouvrir au public de façon contrôlée. 

 

A cette occasion, la Société Historique a souhaité vous faire partager ses nombreuses archives sur ce sujet, une grande partie a d'ailleurs été recueillie auprès du Baron Claude Petiet, un des derniers propriétaires au Bois Saint-Martin.

Note : de nombreux plans et documents font mention de "Bois Saint-Martin" plutôt que "Bois de Saint-Martin".

 

Plan de situation du Bois Saint-Martin 

Historique abrégé du domaine

Les cartes anciennes montrent d'immenses zones boisées dans ce secteur géographique.

 

Carte dressée au 18e siècle (collection privée)

 

1701, Paul Poisson de Bourvalais (orthographié aussi Bonvallois), Fournisseur des Armées, un des plus riches financiers du royaume, achète de nombreuses terres de la Brie dont le château de Champs-sur-Marne qui n'est alors qu'un pavillon aux proportions modestes. Il en assurera l'agrandissement et surtout l'embellissement.

 

En 1710, il achète au Prieuré de Saint-Martin-des-Champs pour la somme de 102 000 francs la seigneurie de Noisy-le-Grand et le Bois de Saint-Martin. A cette époque, Paul Poisson dépense sans compter. 

Cependant, accusé de malversations et traité comme un vulgaire criminel, il est arrêté puis enfermé en 1716 à la Conciergerie et presque tous ses biens sont saisis. Remis en liberté en 1717 contre une très lourde amende, il retrouve une partie de ses biens mais pas son domaine de Champs-sur-Marne. Il meurt deux ans ans plus tard.

Note : A cette époque,1 Franc correspond  à environ 1 livre ou 20 sous (ou sols)

          Un ouvrier agricole gagnait moins de 10 sols par jour pour 12 à 13 h de travail => 1/2 livre => 0,5 francs

         Montant acquisition de 102 000 francs en valeur contemporaine  = > 1 866 341 euros en 2020.

En 1718, La princesse Marie-Anne de Bourbon (fille légitimée de Louis XIV et de la duchesse de La Vallière), achète à Paul Poisson de Bourvalais, le château de Champs-sur-Marne mais s'empresse de le confier à  son cousin Charles François de Labaume-Leblanc, duc de La Vallière.
 

De successions en donations, le domaine restera durant près d'un demi-siècle  entre les mains de la famille Bourbon-Conti avant d'appartenir en 1763 aux époux Michel-Bernier. En 1790, à leur succession, le domaine reviendra à leur fille, la marquise de Marbeuf.

 

En 1792, Louis François de Bourbon, 7e Prince de Conti, déjà propriétaire des domaines de Lalande et de Saint-Antoine, achète à la marquise de Marbeuf les Bois de Saint-Martin pour la somme de 650 000 livres (Acte Me Guilbert Notaire à Sucy le 9 octobre 1792).

En 1793, le Prince de Conti est envoyé en exil en Espagne. Toutefois Saint-Martin n'est pas mis sous séquestre contrairement à ses autres biens dont Lalande.

Note : 650 000 livres = >  9 161 746 euros environ en 2020.

Arrestation de Mme. de Marboeuf et de sa fille (Jean-Baptiste Lesueur - Musée Carnavalet)

Quant à La Marquise de Marbeuf, elle est guillotinée le 5 février 1794 à l'âge de 54 ans au motif « convaincue d’être auteur ou complice d’une conspiration contre la sûreté du peuple français, en dénaturant le produit d’un très grand nombre d’arpents de terre dans la commune de Champs et en faisant semer à cet effet de la luzerne au lieu de blé, en suscitant des troubles dans sa commune et en désirant l’arrivée des Prussiens et des Autrichiens, pour lesquels elle conservait des provisions considérables dans sa maison de Champs. ».

Le domaine de Champs-sur-Marne fut décrété « bien national » et mis en vente.

 

Une succession longue et difficile s’engage. Le domaine de Saint-Martin revient au Chevalier Desgraviers, légataire universel  dudit Prince de Conti, par testament olographe en date du 9 mars 1809. 

 

 En 1820, le domaine est à vendre ...

 

Désignation :

Les Bois de St.-Martin-Lalande sont d'un seul massif de forme irrégulière. Ils sont situés sur le territoire de la commune de Noisy-le-Grand, à peu de distance du chemin de Villiers-sur-Marne à Malnoue et tiennent du nord, à la route des Friches de la commune de Noisy-le-Grand appelées les grandes Yvres; du levant au chemin de Saint-Martin-les-Yvres qui les sépare des bois, terres et friches de Malnoue et d'Emery; du midi aux bois de M. Lamarre; et du couchant au fossé en avant, et près le mur du parc de Lalande, et en suivant toujours vers le couchant au chemin de Villiers à Combault, et aux bois de divers particuliers. La route principale qui traverse les bois de St.-Martin-Lalande est celle dite des Princes qui a son entrée au nord sur celle des Friches-de-Lalande, perce lesdits bois dans toute leur profondeur jusqu'à leur extrémité au midi, et sépare ainsi tout le massif en deux parties.

Ces bois dont l'essence dominante est le chêne à petits glands, mêlé de bouleau et de tremble rabougris sont divisés en 16 coupes, dont 7 dans la partie au levant et 9 dans la partie au couchant de la route des Princes.

Dénomination des voies - Version 2020

C'est M. Armand Théodore Santerre, industriel en raffinerie sucrière, demeurant à Paris qui remporte cette adjudication pour la somme de 230 050 francs plus les charges et frais (14 883, 92 francs).

Dans les années suivantes, M. Santerre fera l’acquisition de bois voisins : "Le Bois des Bouleaux et le Bois des Aulnes" (environ 14ha) ainsi que le bois dénommé "Cul de Sac des Yvris" (environ 4ha) portant le domaine à 284ha.

 

Armand Santerre va dans les années suivantes implanter les premiers batiments du domaine à l'emplacement où ils sont encore aujourd'hui : il fait notamment construire une ferme et une maison d'habitation, ce qui lui permet en tant que résident parisien de venir régulièrement se ressourcer au vert. 

 

En 1835, à la mort de son père, Edmond Auguste Santerre, 4ème de ses 7 enfants, en hérite.

Il entreprend alors d'aménager les bâtiments existants, démolit une partie de la ferme et fait recouvrir de briques rouges la maison d'habitation, lui conférant son apparence actuelle.

 

 

En 1875, le domaine est de nouveau en vente.

 

Cette année là, en août, Marguerite Santerre (1854-1909), fille de Edmond Auguste Santerre épouse Ferdinand Borde ( 1845-1905). 

Le 18 décembre 1875, probablement suite à des désaccords de succesion, une vente sur licitation est organisée au Palais de justice de Paris, faisant suite à un jugement rendu par la première chambre du tribunal civil de la Seine le 6 novembre 1875. La vente porte sur :

- d'une part : la maison d'habitation et ses dépendances, les bâtiments de la ferme et d'exploitation        attenants et le bâtiment ayant autrefois servi de haras,

- d'autre part : le jardin anglais, les bois et terres composant le domaine.

La mise à prix est de 600 000 francs hors charges, clauses et conditions énoncées au cahier des charges. 

 

Le domaine revient à Marguerite Santerre, épouse Borde.

Dans les années suivantes, la ferme sera complètement démolie, les bâtiments seront transformés et agrandis en résidence.

Marguerite aura deux enfants dont Germaine née en 1878.

 

Bois Saint-Martin - Début 20e

En 1903, le domaine d'environ 292 ha est partagé entre Mesdames NOEL, JEANNET et BORDE :

Mme JEANNET :   80 ha

Mme BORDE     : 102 ha

Mme NOEL        : 109 ha

 

En 1909, à la mort de Marguerite Santerre épouse Borde, le domaine revient à sa fille Germaine qui entre-temps a épousé le baron Charles Petiet.

 

Germaine Borde épouse le Baron Charles Marie Jules PETIET le 1er août 1901 à Noisy-le-Grand.

Ils auront 3 enfants : Marcel, Gabrielle et Roger-Marie .

 

- Marcel (1902-1993) se mariera avec Nicole Casanave (1917-1982)

Il héritera du titre de 5eme Baron

4 garçons naitront de cette union : Dominique, Claude, Olivier et Hubert.

                  Claude, héritera du titre de Baron.

                  Décédé en 2009, il fut le dernier propriétaire de l'ancestrale maison d’habitation. 

 

- Gabrielle (1904-1984) restera célibataire et ne laissera pas de descendant

Née et résidant au domaine, les habitants du Plessis-Trévise ont pu la croiser régulièrement

 

- Roger Marie (1916-1984) épouse Françoise Dormeuil

Ils auront 4 enfants  : Marie-Noêlle, Chantal, Laurence et Jean-François.

 

Le Baron Charles Petiet et ses petits-enfants : au premier rang : assises Laurence et Chantal, sur ses genoux Jean-François et Hubert, debouts de gauche à droite Dominique, Claude, Marie-Noëlle et Olivier
1900 - domaine de Saint Martin, Jacques Noël, Germaine et Edmond Borde

 

Le baron Charles Petiet (1879-1958), grand industriel, fondateur à 24 ans de la Société des Automobiles Ariès, a présidé toute sa vie un grand nombre de sociétés et syndicats dans l'industrie automobile et la sidérurgie, prenant une part active aux négociations de Matignon de 1936.

Président du Salon de l'automobile de Paris de 1919 à 1958, il côtoyât, à ce titre, sept Présidents de la République, de Raymond Poincaré à René Coty.

Lors de la mort du Baron Charles Petiet, en 1958, s'en suit la liquidation de la succession et le partage entre ses 3 enfants Marcel, Gabrielle et Roger. Marcel, l'ainé, hérite du titre de Baron, comme il se doit. Il reçoit la maison d'habitation principale et 24 ha autour. Gabrielle reçoit les granges comprenant 2 logements d'employés qu'elle réunira en un seul, 4 ha ainsi que le tennis, le jardin potager, la serre et le triangle dit "Le Bois des Champs" (sur la commune du Plessis-Trévise). Roger reçoit le haras et 24 ha. 

 

1981, donation-partage de Marcel, Gabrielle et Roger au profit de leurs enfants, neveux et nièces. 

 

1993, décès de Marcel, partage des terres indivis de celui-ci, chacun reçoit environ 6 ha 

Son fils Claude, dernier Baron en titre, rachète à ses frères et soeurs leur part de la maison d'habitation.

 

2020 - la fin d'un domaine privé

Ce vaste domaine boisé au milieu des habitations a fait l'objet de convoitises durant plusieurs décennies. 

Depuis 1970, la ville de Noisy-le-Grand tente d'acquérir le Bois de Saint-Martin. Des négociations, des tentatives de passage en force sont engagées, sans succès. La résistance s'organise, avec l'appui de la famille Petiet, menacée d'expropriation, dans le but d'éviter la transformation du domaine en parc d'activités ou en constructions résidentielles. Des associations de défense de l'environnement se mobilisent pour protéger la faune et la flore peu habituée, depuis des siècles, à la présence humaine.

En 2010, Hubert Petiet obtient un jugement de la cour d'appel de Versailles lui permettant de demander le rattachement du Bois de Saint-Martin à la commune du Plessis-Trévise, très favorable à sa préservation.

 

Fin de l'année 2020, la Région Ile-de-France annonce avoir acquis les parties boisées du domaine, via son Agence des Espaces Verts, dans le but de préserver son caractère d'espace naturel face aux appétits aiguisés des promoteurs. La Ville de Noisy-le-Grand s'est portée acquéreur des bâtiments.

Le domaine devrait, par conséquent, s'ouvrir prochainement et partiellement au public, de façon réglementée, une grande partie du bois étant prôtégé par un arrêté biotope. 

Les seuls accès carrossables permettant d'accéder aux propriétés du domaine forestier, sont tous sur la commune du Plessis-Trévise. De telle sorte que les propriétaires ont participé, depuis plus d'un siècle, à la vie plesséenne, faisant appel aux commerçants, artisans, ouvriers de la commune.

 

La ville du Plessis-Trévise aura encore, par conséquent, un rôle à jouer...

 

19-12-2020 - Inauguration en présence des élus de la région et des communes concernées

Le Bois de Saint-Martin et la commune du Plessis-Trévise

Le lien avec notre territoire communal remonte à plus de 2 siècles. En effet, en 1792, Louis François de Bourbon, 7e prince de Conti, déjà propriétaire des domaines de Lalande et de Saint-Antoine, achète les Bois de Saint-Martin. Après son décès en exil et une succession longue et difficile, le 18 mars 1822, le Maréchal Mortier, duc de Trévise, nouveau propriétaire du domaine de Lalande, achète un triangle boisé de 4ha 30a au Baron Louis (Financier, homme politique, 1755-1837)  en limite de sa propriété (situé à l'angle des actuelles avenues J.C. Delubac et de la Maréchale).

En 1857, ce triangle désigné sous le nom de "Bois des Champs" fait donc partie des terres achetées par Jean Augustin Ardouin à la succession Mortier de Trévise. Ce triangle sera immédiatement rétrocédé à un certain Zimmermann. Au décès de ce dernier, en 1866, M. Courlet rachète "Le Bois des Champs" qu'il revendra au Baron Charles Petiet en août 1920. 

 

Ainsi, lors de la création du Plessis-Trévise en 1899, le Bois de Saint-Martin se retrouve partiellement intégré au territoire de la commune.

 

 

IGN 1921 - Vue partielle du Bois Saint-Martin à gauche, la plaine, les habitations - à droite Le Plessis-Trévise, le parc et le château de Lalande. Le Triangle boisé dit "Bois des Champs" y est bien visible au centre..

Durant la seconde guerre, le Bois Saint-Martin a constitué une formidable réserve de bois de chauffage pour la commune du Plessis-Trévise. Ci-après, un relevé des ventes effectuées par le baron Charles Petiet de 1940 à 1944. Ce bois était destiné prioritairement aux besoins collectifs et aux plus nécessiteux selon le souhait émis par le baron Petiet. 

 

 

Au cours des années 1950-1960, les plesséens étaient autorisés, une fois par an, à venir ramasser des coupes de bois pour leur usage personnel. Cette coutume s'est arrêtée car elle était devenue trop perturbante pour la faune et la flore. 

 

Un bâti vieux de 200 ans

Les premiers bâtiments ont été construits en 1820 par Armand Théodore Santerre après son acquisition du Bois Saint-Martin. Une ferme et une maison d'habitation ont d'abord été édifiées. Lorsqu'il en hérite en 1835, son fils Edmond fait aménager les batiments, démolit une partie de la ferme et fait recouvrir de briques rouges la maison d'habitation lui conférant son apparence actuelle.

Sur l'illustration suivante, on aperçoit au premier plan la maison d'habitation en 1859.

 

22 septembre 1859 - Ferme et maison depuis l'allée de Malnoue

 

Description des bâtiments en 1875 lors de la mise en vente du Domaine de Saint-Martin à la succession d'Edmond Auguste Santerre :

Bois Saint-Martin - 1907 - Arrière de la maison d'habitation

Le chauffage central et les sanitaires furent installés en 1939. Un entretien méthodique et régulier s'en suivra, Toutes les toitures seront refaites en 1975, 1985 et 1989. Les vastes granges laissent apparaître de magnifiques charpentes.

Habitations depuis l'allée de Malnoue 1905 - 1998
1998 - Vue sur la maison d'habitation depuis la clairière

 

Le bâtiment principal est d'une architecture très originale qui s’apparente à celle du Nord (Edmond Théodore Santerre était originaire du Cambrésis tout comme le maréchal Mortier). La façade a été recouvertes de briques de différentes couleurs, disposées de façon symétrique, agrémentées de belles frises de céramique. Celles-ci ont été restaurées par un artisan d'art spécialisé au cours de l’année 2000.

 

Le Bois Saint-Martin - En bas et à droite, l'ancien Haras - En haut, la Ville de Noisy-le-Grand
Le Bois Saint-Martin - Google Maps - 2021 - Tout à droite, la maison d'habitation d'origine

Cultures et élevages au Bois Saint-Martin

 

La vie quotidienne ainsi que l'entretien du domaine et sa sécurisation nécessitent du personnel bien souvent logé sur place avec leur famille. Ainsi en 1906, on dénombre sur place les familles de 3 jardiniers, une ménagère et 2 gardes. La dernière colonne indique qu'ils sont au service des "Borde".

Recensement Bois Saint-Martin 1906

 

Le domaine du Bois Saint-Martin comprend une partie non boisée, dénommée "La plaine". On y faisait les foins tout l'été sur environ 25ha. Cela demandait de nombreux ouvriers agricoles pour faucher, ratisser, ramasser, engranger. 

Plus récemment, Alain Ruffier de la ferme du Plessis-Saint-Antoine assura pendant des années son exploitation. 1995 fut une belle saison, il y récolta environ 60 tonnes de foin.  

Au cours des années 1950, le caractère rural y était donc encore très prégnant. Outre la partie destinée au foin, on y trouvait un champ de pommes de terre d'environ 1/2 ha, un jardin potager d'environ 1/2 ha également. Une 3e partie de terrain d'environ 1/2 ha accueillait une serre et des châssis pour fleurs et légumes mais aussi un poulailler de 50 poules et quelques canards. 

 

Entre 1941 et 1945, dans le pré derrière la maison d'habitation, il y avait un petit troupeau d'une trentaine de moutons, destiné principalement à la fourniture de leur laine. 

 

Il nous a été raconté qu'un matin, les moutons avaient de la peine à se lever. Appelé, le garde s'aperçut alors qu'ils avaient été égorgés, leurs carcasses emportées mais leurs peaux laissées sur place. L'enquête attribua ce fait à d'anciens résistants et la famille ne donna pas suite.

 

A partir de 1942 et pendant quelques années, le pré derrière le haras fut loué à M. Vandenawelle, un fermier de Coeuilly, qui y faisait paître une trentaine de vaches reproductrices. 

 

Après-guerre, 2 vaches laitières et quelques cochons étaient encore présents.

 

Jusqu'au décès du baron Charles Petiet en 1958, un nombreux personnel était employé et logé sur place pour certains : gardien, jardiniers, palfrenier, gardes-chasses. Outre les cultures, il fallait en effet entretenir les 7 km de grillage extérieur, élaguer les allées, émonder les arbres, "protéger les coupes de bois des dents des lapins" ... 

 

Au cours des années 1970, Claude et Hubert Petiet remontèrent un élevage de moutons répartis dans 3 parcs autour de la maison d'habitation.

C'est aussi en lisière de cette clairière que le baron Claude Petiet, passionné d'arboriculture, y a fait de nombreuses plantations d'espèces rares.

 

Les chasses au Bois Saint-Martin

En 1875, la chasse était le principal objectif d'Edmond Santerre sur le Bois de Saint-Martin. Il y avait créé une superbe réserve où abondaient alors faisans, lapins et chevreuils. La plaine fournissait les perdreaux et les lièvres. Aussi, les invitations de chasse y étaient fort recherchées. 

 

Dans la première moitié du 20e siècle, le gibier, à l'état naturel, y abonde toujours. Des chiffres font état du nombre impressionnant de 2 à 3 000 lapins tués chaque année.  

 

On mentionne que pendant la guerre, les fusils du domaine ont été "mis à l'abri" et que le baron Charles Petiet a déclaré (ou déposé)  à la Mairie du Plessis-Trévise un stock de 3 000 cartouches (peut-être les provisions pour une année de chasse ?).

On raconte aussi que les allemands occupant le Bois Saint-Martin ont chassé et tué tous les chevreuils.

 

Durant les années 1950, la myxomatose sévit : il y eut une disparition quasi totale des lapins malgré la vaccination, sans résultat, d'environ 300 lapins. Avec la disparition des lapins, des lièvres apparurent...

 

Un élevage intensif de faisans fut alors créé pour satisfaire les besoins des chasseurs : une volière de 100 m2 fut édifiée derrière le haras. Il y avait alors 8 grandes chasses par an avec 8 à 10 invités, 10/12 postes avec la famille. On pouvait tuer jusqu'à 120 faisans par jour de chasse soit jusqu'à 1 200 faisans par an.

 

Il y avait bien quelques chevreuils mais il était interdit de les tirer. Il en avait été laché 5, qui s'étaient reproduits. Quelques sangliers traversaient aussi les bois en provenance de Malnoue.

 

Dans les années 1960, les chasses vont bon train. 400 à 500 faisans sont élévés en volières et lachés peu avant les jours de chasse. Les lapins ont refait leur apparition à leurs dépens. Un essai d'élevage naturel de canards sur les mares eut lieu, élevage qui n'aboutira qu'à une reproduction de quelques dizaines sur 2/3 ans.

 

Dans les années 1970, la population de chevreuils était estimée à 80 en moyenne. Les quotas de chasse étaient de 20 à 30 tous les deux ans.

4 à 5 battues aux renards étaient organisées tous les ans pour un quota de 18 à 26. Les renards et les chats

ont fait disparaître les faisans et les couvées naturelles de canards.

En 1978, achat de faisans adultes lâchés avant les chasses (120/150 par an)

 

Depuis les années 1980, les chasses ont été abandonnées.

Les chevreuils désormais peu craintifs s'approchent des habitations.

 

Dans les années 1993-1995, une horde d'une quarantaine de sangliers a sévi, faisant de gros dégâts dans la propriété. 

 

 

 

Liste des Gardes-chasse en 1951

 

De gauche à droite :

- M. Rousseau

- M. Nau

- M. Pilon

- M. Dagnicourt

 

En 1954, Marcel Brissard est engagé comme garde-chasse chef. Il restera en place jusqu'à son départ en 1969.

Martial Delamour lui succède jusqu'en 1978 et il n'y aura plus de garde sur la propriété.

André Gomot, habitant à l'extérieur prendra la relève aidé par M. Roger Petiet.

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