Bandeau : Carte postale circulée en 1914, colorisée par SHPT - Angle des Avenues de la Sirène et Maurice berteaux
Avenue et Portrait
Histoire d'avenue
Longtemps dénommée "Route de Villiers-sur-Marne à la Queue-en-Brie"', le Conseil Municipal du Plessis-Trévise décide au début des années 1910 de lui donner le nom de "Avenue Maurice Berteaux" sur la portion relevant du territoire communal, rendant ainsi hommage à cet homme politique venant de disparaitre dans des circonstances exceptionnelles (voir deuxième partie de cet article".
Ce n'est qu'en 1989, que le Conseil Municipal de Villiers-sur-Marne lui donnera le nom de "Avenue André Rouy" entre la Place Courteline du Plessis-Trévise et le carrefour de la gare de Villiers-surMarne/Le Plessis-Trévise. Entre-temps, cette prortion de voie fut même dénommée "Avenue de la gare".
Toutefois, sur le Plan du Domaine du Maréchal Mortier (établi dans les années 1813 - 1815 environ), une voie est très nettement indiquée et qui passe entre les Terres de Lalande et Coeuilly. Cela est confirmé sur le plan de lotissement en date de 1857.
Cette voie porte alors le nom de "Route de Villiers sur Marne à La Queue en brie" entre l'actuelle Place Michel Bony jusqu'au "Chemin de Plessis-Saint-Antoine à la Queue en Brie", chemin se terminant par la "Porte de la Queue".
Rappelons qu'à cette époque, la commune du Plessis-Trévise n'existait pas encore.
La ferme Saint-Antoine se situe dans l'angle bas et à gauche.
Sur cette partie du plan, on y distingue notamment le château de La Lande ainsi que l'actuelle Place Michel Bony (à droite du libellé Quinconce). la route de Villiers-su-marne à la Queue en Brie est mentionnée et remonte de cette place vers le haut du plan.
Il est intéressant de noter :
- les indications "Carrefour" et "Porte de Villiers", ce qui correspond à l'actuelle Place Michel Bony.
- le nom de la voie descendant vers Villiers-sur-Marne à partir de cette place est curieusement désigné "Chemin de Lalande à Champigny".
Le 10 juin 1822, lors du Conseil municipal de la commune de La Queue-en-Brie, le Maréchal Mortier demande la suppression de ce chemin de communication qui traverse son domaine. Il propose l’ouverture au public d’une voie nouvelle arrivant au même point des 2 communes mais passant par la ferme des Bordes et le hameau de Coeuilly. Cette demande est acceptée, à charge au Maréchal Mortier d’en assurer les frais de mise en œuvre.
Le 13 octobre suivant, le maréchal Mortier est élu maire de La Queue-en-Brie et il le restera jusqu’au 8 octobre 1830.
En 1857, l'édification de la gare de Villiers-sur-Marne puis le lotissement du domaine Mortier verront le trafic s'intensifier sur cet axe. Au cours des décennies suivantes, tout au long de cette voie vont alors proliférer belles et grandes villas, cabarets et guinguettes, marchandes de vins, petits commerces de proximité, restaurants et hôtels.
En 1899, la commune du Plessis-Trévise est officiellement créée. Peu avant la première guerre mondiale 1914-1918, le Conseil municipal du Plessis-Trévise décide de renommer la " Route de Villiers-sur-Marne à La Queue en-Brie" par "Avenue Maurice Berteaux". Ce nom s'applique désormais à partir de l'Avenue des Mousquetaires (coté Villiers sur Marne) jusqu'à l'avenue de L'Europe (Coté La Queue en Brie).
Notons pour la petite histoire que les plaques dénommant cette avenue ne seront remplacées qu'en 1927.
De l'autre coté de l'avenue de l'Europe et en direction de la Queue en Brie, cette section de voie porte le nom de "Chemin du Plessis-Trévise à la Queue en Brie", clin d'oeil à son ancienne dénomination ?
L'avenue Maurice Berteaux est de nos jours très fréquentée notamment aux heures de pointe. L'urbanisation continue insatiablement son oeuvre et des immeubles collectifs remplacent progressivement le bâti ancien...lui conférant un air plus urbain que rural.
Galeries de cartes postales de l'avenue colorisées par SHPT, datées entre 1910 et 1925
Maurice Berteaux
Maurice Berteaux est né le 3 juin 1852 à Saint-Maur-des-Fossés, dans une famille bourgeoise fortunée.
Il partage sa jeunesse entre Sucy-en-Brie où son père est propriétaire du château du Grand Val et le lycée Charlemagne à Paris. Après des études brillantes, il hérite de la charge familiale d’agent de change.
En 1885, ses travaux à la commission extra-parlementaire en tant que membre de la chambre syndicale des agents de change, lui vaut d’être décoré de la croix de chevalier de la Légion d’Honneur.
Sa carrière politique débute en 1888 au conseil municipal de Chatou (Yvelines) puis 3 ans plus tard à la tête de la mairie de cette commune dans laquelle il possède une résidence. En 1893, il est élu député de Seine & Oise, il le restera durant 18 ans.
En 1904, il accepte la charge de ministre de la guerre. En 1908, il est élu président de la Commission de l’Armée, président du Conseil Général, vice président de la Chambre des Députés et président de la commission du Budget de 1906 à 1911.
Homme de gauche, Franc-maçon, Maurice Berteaux ambitionne de faire de l’aviation une arme autonome redoutable. Aussi, se passionne-t-il pour tout ce qui a trait aux sports aéronautiques ; passion qui lui sera fatale.
Le 21 mai 1911 à Issy-les-Moulineaux, c’est le départ de la course d’aéroplanes Paris-Madrid. Il y a foule. Journalistes, politiques, ingénieurs, curieux se sont déplacés. Le Président du Conseil a été convié, Louis Blériot en personne est de la cérémonie.
A peine décollé, l’aéroplane de l’ingénieur Train objet d'une défaillance technique ou d'une perte de contrôle est contraint de faire demi-tour et de se poser. Malheureusement, des spectateurs et des officiels ont alors envahi la pelouse de décollage. L'appareil ne peut les éviter et se fracasse sur la foule.
Maurice Berteaux est atteint au crâne, son bras droit est sectionné par l’hélice. Il décèdera peu de temps après la catastrophe.
Le Parlement lui organisera des funérailles nationales qui mettront un point final à une carrière politique pourtant encore prometteuse. Il avait déjà à son actif des résultats significatifs comme la loi de réorganisation de l’armée et un projet d’impôt général sur le revenu.