L'église Saint Jean-Baptiste

 

Du projet à la construction d'une chapelle

 

Au XVIIIe siècle, l’abbé Lebeuf a signalé l’existence d’une chapelle attenante au château Saint-Antoine dans laquelle on allait célébrer la messe chaque mardi de Pentecôte. Ce devait être la seule occasion pour le public d’y accéder. Quant à la messe dominicale, les habitants n’avaient d’autres choix que de se rendre à l’église Saint-Nicolas de La Queue-en-Brie ou à celle de Saint-Christophe de Villiers-sur-Marne.

Il faudra attendre les premiers lotissements au milieu du XIXe siècle avec l’arrivée des "premières colonies", comme les propriétaires n’hésitent pas à designer leurs implantations, pour qu’une autre solution se fasse jour.

En 1861, Eustache Gonzalve fait donation, à titre purement gratuit, à la commune de La Queue-en-Brie d’un terrain de seize ares en vue de l’édification d’une église dédiée à Saint-Eugène.

Le projet n’aura pas de suite. Seul l’emplacement gardera jusqu’en 1916 la dénomination de place de l’église (renommée ensuite Place Gambetta puis Place de Verdun).

 

Le 24 août 1873le « Syndicat des Propriétaires dans le Parc de Plessis-Trévise » se réunit. Un orateur parmi les onze membres du syndicat prend la parole : 

"Mes chers amis, notre syndicat a certes été créé en vue d’assurer l’entretien des chemins, mais vous rendez-vous compte que pour aller à l’office chaque dimanche, nous devons parcourir une grande distance. Les jours d’intempérie ou de grand froid, c’est bien souvent pénible. Ne pensez-vous pas que, chacun contribuant pour sa part, nous pourrions construire une chapelle, ce qui nous épargnerait bien des vicissitudes."

Le groupe acquiesce. Tout le monde est vite d’accord.

"Lançons une souscription, lance un autre."
"Nous avons aussi bien besoin d’une école"
, ajoute un troisième.
"Je peux mettre à disposition un terrain. Il donne d’un côté sur l’avenue Ardouin et de l’autre sur l’avenue Gonzalve" propose généreusement Adrien Duquesnoy.
"Nous devons veiller à la prospérité matérielle et morale de notre localité", s’accordent-ils ensemble.

Le temps passe. On tire des plans, rassemble la somme nécessaire, trouve des artisans.

 

En octobre 1880, les mêmes sont rassemblés pour la pose de la première pierre de la chapelle. En ce jour d’automne ensoleillé, Alphonse Combes à l’insigne honneur au nom de tous et du syndicat qu’il représente de poser la première pierre de la future chapelle.

Moins d’une année plus tard, le 25 juin 1881, soit à peu de chose près à la Saint-Jean-Baptiste d’été, c'est avec joie et satisfaction qu'ils se retrouvent tous pour inaugurer le bâtiment.

Bien qu’à l’écart, la nouvelle chapelle n’en relève pas moins de la paroisse de Villiers-sur-Marne. C’est pourquoi l’abbé Dumollard, curé en cette paroisse, a fait le chemin en calèche pour procéder à la bénédiction.

Le lendemain, il y dira la première messe et célébrera la fête patronale.

Cependant, l’office devra être interrompu pendant environ six semaines. En effet, l’abbé, outre le service de sa propre église, a également en charge la chapelle du Bois Saint-Martin. Le fait de déjà biner en cet endroit (c’est-à-dire célébrer la messe le même jour en deux endroits différents) ne lui permet pas d’assurer l’office dans un troisième. Il a, en conséquence, sollicité l’abbé Nouet, curé de La Queue-en-Brie. Ce dernier sera autorisé à biner au Plessis-Trévise et y célébrer les baptêmes le 7 août suivant.

 

Mais, tout édifice religieux, même modeste, se doit d’être pourvu d’une cloche. C’est ainsi que le 7 août 1881, l’abbé Cacheux, curé doyen de Boissy-Saint-Léger, viendra baptiser solennellement « Eléonore-Frédéric » qui pèse pas moins de 121 kg. Il s’agit d'un don des époux Frédéric Dupont qui en seront les parrain et marraine (nos recherches à ce jour n'ont pas permis de déterminer si Frédéric Dupont avait un lien avec le premier maire Gustave Dupont).

Ce même jour, le curé de La Queue-en-Brie pourra célébrer dans la chapelle de Plessis-Trévise, le premier baptême de deux enfants de la localité, à savoir : Eugène Albert Frédéric Laugaudin et Marthe Adrienne Eugénie Thibaudat qui seront également les filleuls des époux Dupont.

 

Le 17 septembre 1882, jour de la fête de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, le chanoine honoraire Benoit Perdereau, professeur de morale au grand Séminaire, bénira solennellement le Chemin de la Croix.

A ce jour, un grand pas vient d’être accompli par les colons des origines.

 

En moins de dix ans, ils auront tout mis en œuvre pour que leur chapelle soit en service. Les habitants du hameau envisagent alors que tout devient possible. Ils vont même jusqu’à imaginer qu’ils puissent accéder un jour à une autonomie encore plus grande et, même, pourquoi pas, devenir une commune à part entière.  

 

De chapelle en paroisse

 

En 1881, Lucas, artiste-décorateur parisien, est chargé de la peinture intérieure et de l'ornementation.

 

En 1887, le bâtiment pourtant récent puisqu'il n'a que six ans, nécessite quelques réparations au clocher. La chapelle ayant un statut privé, les travaux seront effectués de nouveau grâce à la générosité des habitants du hameau.

 

Le 22 juin 1894, le curé Contant est remplacé par l'abbé Dubois, également curé de La Queue-en-Brie. C'est lui qui sera en fonction lors de la création de la commune en 1899. Il y restera jusqu'au 15 avril 1906.

 

Le 30 août 1900, le curé Dubois bénit le cimetière et le 2 septembre 1901, le calvaire qui a été offert par Madame veuve Cusson.

 

Le 2 décembre 1901, un décret du président de la République ayant déclaré d’utilité publique la création d’un  cimetière au Plessis-Trévise, le maire, agissant au nom de la commune, est alors autorisé à acquérir un terrain de 2 700 m2 à l’angle des avenues de la Maréchale et des avenues Chéret.

 

Le 6 juin 1901, pour la première fois, quatorze enfants purent faire leur communion solennelle dans la chapelle.

 

Le 19 février 1903, la commune se rend enfin acquéreur des terrains et de la chapelle qui y est construite. Devenue bien communal, la chapelle n'en est pas devenue pour autant une paroisse de plein exercice.

Les démarches pour faire de la chapelle le lieu de culte de la paroisse de Plessis-Trévise finissent par aboutir :

Le 11 juillet 1905, Emile Loubet, ministre de l'Instruction publique et des cultes, décrète la création de la paroisse .

 

Le 1er septembre 1905, les fabriques de Chennevières-sur-Marne, La Queue-en-Brie et Villiers-sur-Marne ayant été consultées, l'évêché ordonne que soit érigée en chapelle paroissiale l'église de Plessis-Trévise.

Le 25 septembre 1905, le préfet supprime les membres du Conseil de Fabrique en la personne de MM. Landouzy et Thoumme.

La loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat va entériner l'ensemble des démarches entreprises de longue date. Les biens de l'Eglise sont désormais propriété communale, à charge pour elle d'en assurer l'entretien. La rémunération du desservant reste à la charge de l'Evêché alors qu'auparavant il était supporté par le budget communal.

 

Il faudra cependant attendre le 18 mai 1919, pour que l’abbé Brousselle soit officiellement installé dans ses fonctions de curé de la paroisse.

 

La chapelle Saint Jean-Baptiste
La chapelle en 1905

 

En avril 1931, le conseil municipal décide l'agrandissement de la chapelle devenue trop petite devant l'accroissement de la population.

 

En mai 1948, le clocher est remis en état. L'année suivante, les fidèles peuvent admirer un certain nombre de travaux de rénovation : construction d'une sacristie, percement de la chapelle Saint Joseph, construction d'une tribune et d'un nouveau chemin de croix. 

 

De nouveaux travaux d'amélioration et d'embellissement seront entrepris en 1966 pour aboutir à une rénovation totale en 1971. L’église prendra alors l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui.

 

Le Conseil de Fabrique et le bureau des Marguilliers
En droit administratif, la Fabrique représentait un ensemble de personnes nommées par l'évêque pour administrer les biens d'une église. Supprimées lors de la Révolution, les Fabriques furent rétablies comme établissements civils par le Premier Consul. La loi du 9 décembre 1905, relative à la séparation des Eglises et de l'Etat, supprima définitivement les Fabriques et leur substitua des associations culturelles.
Le conseil de Fabrique était composé de "fabriciens" qui, outre le curé et le maire, membres de droit, étaient au début nommés par l'évêque, puis par le préfet puis élus. Quant à l'organe d'exécution, il était constitué par un bureau des "marguilliers" dont la charge était de tenir à jour le registre (matricula) sur lequel était inscrit le nom des personnes secourues par le curé.

Souvenirs de Claude Hamon-Delanoue

L'église Saint-Jean Baptiste dans les années 1930

 

"Elle était construite en croix comme le crucifix, en pierres apparentes, une allée centrale menait à la table de communion, séparant l’assistance du chœur. De chaque côté de l’autel, de simples bancs de bois recevaient le dimanche, les filles et les garçons du « caté ». De chaque côté de la nef sont alignés les chaises et les prie-Dieu paillés, sur lequels  une petite plaque cuivrée porte, gravé le nom du fidèle. Mme Danjou, la chaisière recevait au cours de la messe, l’obole de l’assistant non propriétaire de sa place. Longeant la table de communion, une allée transversale mène, sur la droite, à la sacristie, qu’une porte dissimule aux regards. A gauche, la chapelle de la Sainte-Vierge avec un petit autel. A côté, l’harmonium autour duquel prenaient place à chaque office, les enfants de Marie. Sur les murs, des cadres représentant le chemin de croix. Sur la gauche, devant un vitrail, une statue de Jeanne d’Arc en tenue guerrière, avec son étendard. Face à elle, Sainte-Thérése de l’Enfant Jésus. Entre ses bras, un crucifix entouré d’un bouquet de roses de couleur tendre. Encore quelques pas, puis près de la porte, à gauche, les fonds baptismaux. De l’autre côté, une petite estrade accueillant la crèche pour Noël. Bien sûr, la haute statue de Saint-Jean-Baptiste domine l’allée centrale."

 

Le catéchisme dans les années 30

"La rentrée du catéchisme avait lieu le premier jeudi matin suivant la rentrée scolaire. Nos deux premières années d’instruction religieuse étaient confiées à Mme Martinot, une dame très calme, douce et agréable. Les études duraient trois ans et se terminaient par la première communion solennelle. Les deux premières années, les matinées du jeudi et du dimanche, Mme Martinot faisait notre éducation religieuse. Le jeudi, contrairement au dimanche, nous n’étions pas tenus à un horaire strict. Mme Martinot en profitait pour nous raconter de belles histoires. Nous révisions toujours ce jour-là, mais les mémoires défaillantes n’étaient pas punies.

L’hiver, Mme Danjou, la chaisière,  veillait à notre bien- être. Très tôt le matin, elle alimentait en bûches un gros poêle Godin. Nous disposions nos chaises tout au tour.

Le dimanche, entre nos leçons et la grand-messe de dix heures,  nous faisions une petite pose dont bénéficiaient les sucreries de l’épicière Mme Deltour.

Je ne vous cacherais pas que, pour nous, le meilleur moment de l’office était la présentation du pain. Deux enfants de chœur, revêtus de leur soutane rouge et de leur surplis de dentelle, portant sur leurs épaules le présentoir, se plaçaient devant l’autel et notre prêtre bénissait les couronnes de pain  ou de brioche. A la sacristie, Mme Danjou les découpait en rondelles et les mettait dans une corbeille en osier. Une enfant de Marie passait devant chacune d’entre nous et nous les offrait.

A  la fin de la deuxième année, nous étions invités au presbytère pour un gouter offert par monsieur le curé. La troisième année, nous quittions Mme Martinot et les leçons prodiguées dans l’église. Monsieur le curé devenait notre instructeur et dispensait ses cours dans la sacristie. Après les interrogations, les garçons recevaient en récompense « une prise » que monsieur le curé prenait dans sa jolie petite tabatière ronde en argent. Nous, les filles, des bonbons nous récompensaient..."

 

La première communion en 1939

"…Arrivèrent nos premières confessions. Qu’il a dû sourire notre bon Père en nous entendant avouer nos petits pêchés : « J’ai sonné à la grille de … et je me suis sauvée » « j’ai grimpé sur le mur de clôture de … » « J’ai volé des cerises chez … ». Puis, avec l’arrivée du mois de mai, les filles ont commencé à parler robe, bonnet, aumônière. La semaine précédent la grande cérémonie, nous prenions « notre retraite », ce qui nous dispensait d ‘école.

Cette année là, un moine nous y accueilli en compagnie de monsieur le Curé et de Mme Martinot. Sa longue bure, ceinturée d’une corde et ses pieds nus  chaussés de sandales, nous avait impressionnés. Narrateur infatigable, que de belles histoires il nous a conté. Bon marcheur, les promenades ne manquaient pas. Lorsque nos jambes fléchissaient, sa chanson préférée « un crocodile s’en va en guerre » m’est restée en mémoire et fait encore la joie de ma petite fille. Passées ces détentes, nous répétions avec application cantiques et processions pour le grand jour.

 

Le dimanche 3 juin tant attendu est arrivé. Tout nous paraissait féérique : nos belles robes blanches, nos coiffures, nos parents en habits de fête, le ciel nous semblait immensément bleu. Nous commencions la procession à partir du presbytère (avenue  Kiffer)  pour nous rendre ensuite à l’église. Melle Denise Petit jouait de l’harmonium, la messe était chantée par toute l’assistance et surtout par les communiants. A la fin du service religieux, il y avait distribution de brioches individuelles, que nous accueillons avec bonheur car nous n’avions pas déjeuné. L’après-midi, c’était les vêpres et le renouvellement des vœux de baptême. Nous partions ensuite en procession dans la propriété Pelloile (avenue Saint-Pierre actuel parc municipal). Dans le parc, nous franchissions le pont du canal pour rejoindre un petit oratoire très fleuri. Après quelques cantiques, la procession se dirigeait à nouveau vers l’église pour une dernière prière en ce dimanche solennel.

Le lendemain matin, après avoir été tous réunis pour la messe « d’action de grâce », selon la coutume, nous allions à l’école dans nos beaux costumes pour offrir des images à M et Mme Salmon ainsi qu’à nos trois maîtres et maîtresses, sans oublier nos petits camarades d’école.

Du fait de l’éloignement de l’évêché de Versailles, la confirmation ne pouvait s’effectuer que tous les trois ans. La cérémonie avait alors lieu à l’église de La Queue-en-Brie, suffisamment grande pour accueillir les communiants des trois années de catéchisme et des deux paroisses ainsi que leur famille. Pour les enfants du Plessis-Trévise, l’aller-retour était une longue et belle promenade pédestre dans la campagne, que nous accomplissions avec sérénité..."  

 

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