Souvenirs d'école des années 1930

 

En cette année 1935, l’Ecole du Centre est la seule école de la petite commune du Plessis-Trévise. Environ 200 enfants, répartis en 5 classes, y sont scolarisés sous la direction de Monsieur et Madame Salmon. 

Févier 1936 - Ecole du Centre

Assis :

    Mme et M. Salmon

Debout de gauche à droite :

    M. Burdeyron, Melle Bouvet, Melle Barret, Mme Noublanche (Auxilliaire de service), M. Pintado

 

Une écolière des années 1930 raconte :

 

« A la rentrée, j’intégrai la classe du Certificat de Madame Salmon (Le Certificat d’études primaires, examen passé généralement à l’âge de 12 ans, tenait lieu de contrôle des connaissances et pour la plupart, il était le rite de passage à la vie adulte et au monde du travail). Cela devenait sérieux.

 

J’étais maintenant chez les ‘grandes’. On nous donnait des responsabilités. Le matin, deux ou trois filles dont je faisais partie, étaient désignées pour ranger le bureau de notre maîtresse et directrice de l’école. Nous étions ensuite chargées de distribuer les cahiers du jour, le cahier de composition ou de roulement selon le cas. Je jouais aussi le rôle d’infirmière pour les mains et genoux écorchés au cours des récréations.

Si les filles étaient occupées à de petites tâches extrascolaires, les garçons n’en manquaient pas non plus. En période hivernale, chaque matin très tôt afin qu’il règne une température suffisante à notre arrivée, un cantonnier allumait les cinq poêles « Godin » des cinq classes de notre école.

 

Dans la journée, pendant les récréations, à tour de rôle, les garçons les plus solides pour leur âge, étaient chargés d’aller à la soute remplir le seau à charbon pour l’entretien du poêle. Le remplissage du poêle était tout un cérémonial prudent emprunt d’une grande attention. Sur un signe du maître, le garçon jugé le plus adroit faisait rouler bruyamment les boulets d’anthracite dans le trou béant laissé par la plaque ronde en fonte que le maître avait soulevé au moyen d’un crochet. Je me souviens parfaitement de ce poêle cylindrique protégé par une cage grillagée pour éviter le contact et les risques de brûlure.

 

Son emplacement variait selon les classes.

Les chutes de neige étaient assez fréquentes à l’époque. Elles furent particulièrement abondantes au mois de janvier. Nous eûmes deux fortes tempêtes de neige les 12 et 27 janvier. La neige nous surpris même le 18 mai, phénomène considéré comme tout à fait exceptionnel par les météorologues qui n’avait jamais relevé pareille situation! Ces frimas hivernaux, s’ils perturbaient la nature et le quotidien des adultes, faisaient la joie des enfants. Les cantonniers traçaient un chemin dans le passage des écoles et à l’intérieur des cours de récréation. Mais, la plus grande partie de la cour restait enneigée, ce qui nous

permettait d’y édifier des bonhommes de neige, les mains protégées par nos mitaines … que l’on mettait ensuite à sécher sur la grille du poêle.

Le jet de boules de neige était interdit, mais il était très difficile de résister à la tentation …

 

Rituellement, quelques pauses venaient interrompre l’année scolaire : le 11 novembre, Noël, la fête communale, la fête nationale et la distribution des prix. Monsieur Foureau, notre maire, tenait beaucoup à la pratique sportive. Pendant toute notre scolarité, les mercredis et samedis matin, Mademoiselle Bouvet, notre professeur de gymnastique, venait de Paris. A cet effet, une corde lisse avait été accrochée à une poutre du préau des garçons, un évènement pour nous !

 

    

Mademoiselle Bouvet cumulait les fonctions car à la mi-novembre, elle devenait chorégraphe du ballet interprété par les ‘ grandes ‘ pour la matinée récréative de Noël qui avait lieu, dans la salle des Fêtes,

le dimanche 23 décembre. Monsieur Salmon, notre directeur, très mélomane choisissait toujours pour la circonstance un beau chant classique, généralement La Barcarolle des Contes d’Hoffmann ou la Chanson De Solveig de Grieg. Puis, arrivait le moment tant attendu par les enfants de la distribution des jouets. »

Habituellement, chacun avait choisi son cadeau, guidé par le maître ou la maîtresse, sur une liste précédemment établie. Mais, cette année-là, crise économique oblige, Monsieur Salmon consignera avec précision sur ses cahiers, une distribution générale de chauds capuchons en drap de laine marine et de solides galoches à semelle de bois. Il faudra attendre 1938, pour que les grands reçoivent un cadeau éducatif ou utilitaire comme un dictionnaire, un livre de bibliothèque, une boîte de peinture ou encore une trousse ou une mallette à couture pour les filles. Quant aux plus petits, l’éternelle voiture de pompier, les jeux de construction ou de patience ainsi que les poupées et dinettes et pourquoi pas la trompette et le tambour (histoire de ravir les oreilles de maman) seront à nouveau à l’ordre du jour.

 

Fête d'école - 1933

70 ans plus tard, la population du Plessis-Trévise a été multipliée par 20 et de nouvelles écoles ont été créées. L’école du Centre est devenue l’espace Roussillon et une nouvelle école, de 5 classes également, a été construite à proximité. (La première pierre en a été posée le 3 décembre 2005). Elle porte le nom de Marie- Louise et Marcel Salmon.

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